« A priori, rien ne destinait Claude Froidmont (qui, tiens, porte le même prénom que Claude Mauriac, le fils écrivain lui aussi, de l’auteur de Thérèse Desqueyroux) à s’intéresser à ce romancier bourgeois, issu de la droite catholique française, gaulliste, conservateur à bien des égards, et néanmoins en son époque, progressiste sur bien d’autres points. Le narrateur de ce roman autobiographique qu’est Chez Mauriac à Malagar provient d’une classe sociale modeste, le monde ouvrier et celui des mineurs, et ses parents sont fortement impliqués dans le mouvement socialiste et athée, très vivace, c’est bien connu, en région liégeoise. Notre jeune homme, lui, s’intéresse aux livres, à la littérature, et se trouve fort désappointé par ses études de romaniste, où “il ne s’agissait plus de vibrer mais de ratiociner sur une leçon d’un vers de Thomas ou de Béroul”. Quatre années d’études austères et pesantes, où, heureusement, survient un professeur – à qui effectivement d’autres anciens étudiants romanistes de l’ULg penseront avec gratitude – susceptible d’ouvrir d’autres portes plus libératoires vers la littérature. »